Le rejet et la condamnation de la philosophie : le procès de Socrate

1 - « Athènes ravagée » :

            Athènes, par sa lente agonie, se met à chercher un coupable idéal pour oublier sa défaite face à Sparte, et la fin de son hégémonie.

                    a. Les conséquences de la défaite :

            Athènes en 404 était ravagée dans tous les sens du terme. Ces champs détruits et sa production d’huile d’olive rasée, ralentissaient la production et empêchaient même l’alimentation de la cité. L’économie, avec les mines du Laurion et la fuite de plus de 20 000 esclaves, était catastrophique, les caisse de l’orgueilleuse cité étaient vides. Les commerçants avaient fuit le Pirée, la population décimée par la peste, le corps des citoyen brisé par la guerre… Pour surmonter cela, il fallait un coupable, un bouc émissaire représenté dans la personne de Socrate.

                    b. Aristophane diabolise Socrate :

           «Ces gens là vous apprennent moyennant finances à faire triompher par le raisonnement le juste et l’injuste. » Les Nuées Strepsiade

           « Pouah ! Des vauriens oui je sais. Tu veux parler de ces charlatans, de ces individus au teint jaune, de ces va-nu-pieds, au nombre desquels est ce mauvais génie de Socrate … » Phidippide.

           En 423 dans sa pièce baptisée les Nuées, Aristophane met en scène un Socrate et l’assimile sans vergogne aux sophistes. Le personnage principal, veut être l’élève de Socrate afin que par le raisonnement injuste il puisse échapper aux créanciers de son fils. Il assimile Socrate aux sophistes, la défense de l’injuste et du faux, et affirme que Socrate fait payer ses enseignements, ce qui est faux. Mais le démos athénien assimile et présente par la suite Socrate comme le champion des discours comme un maître chez les sophistes ce qui vaut à Socrate un procès et une condamnation.

 

2 - Le procès en lui-même:

                    a. Chefs d’accusation :

           C’est mélétos qui l’accuse, il donne deux chefs d’accusation :

           « Corruption de la jeunesse », en effet alcibiade et critias furent ses élèves tout deux devenu tyrans. Il apparaissait donc que Socrate était mauvais conseillé d’hommes. De plus, on porte contre lui des accusations douteuses de pédérastie trop poussée.

           « Impiété », il est dit atheos, celui qui nie l’existence des Dieux. C’est naturellement une accusation très grave.

                    b. Le résultat :

           Après avoir entendu les accusations dont Socrate est coupable, celui-ci prend lui-même sa défense comme il était de tradition en Grèce. Il aurait refusé que Lysias écrive son discours. 280 juges le condamnent et 221 l’acquittent. C’est donc à Socrate que revient le droit de proposer une sanction, or celui-ci n’étant, à ses yeux, coupable en rien propose qu’on le nourrisse au Prytanée, comme les héros et vainqueurs de la cité. Les jugent refusent cette sanction, pensant que Socrate se moquent d’eux et le condamnent à mort. Socrate proclame aux juges que sa mort ne mettra pas fin aux tourments d’Athènes et que d’autres reprendrons sa place. Condamner Socrate c’est avant tout condamner la défaite, la situation d’Athènes en 399, et cela n’empêchera pas les hommes de philosopher après lui.

 

           Le rejet de la philosophie est donc un mélange de rejet pur des doctrines, mais également le fait d’une conjoncture qui se combine. Cela fait de la philosophie le bouc émissaire.

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