Le rejet et la condamnation de la philosophie : danger d'une pensée centrée sur l'homme

            Les sophistes s’intéressent dans leurs travaux à l’homme, ainsi qu’au logos. Ils mettent leurs enseignements au profit des jeunes de la cité, mais cela va entraîner peu à peu un mécontentement de la population, car cet enseignement est élitiste et accroît les disparités au sein même des citoyens. Par ailleurs, le contexte de la guerre du Péloponnèse avec la lente agonie d’Athènes n’est pas à négliger.

 

           Tant que la philosophie s’appliquait dans le domaine de la science, ou s’évertuait à expliquer les origines du monde comme se fut le cas avec les physiciens, elle ne remettait pas en cause la polis. Mais dès qu’elle fut centrée sur l’homme et qu’elle se développa, des nombreuses voix s’élevèrent contre elle et ceci pour diverses raisons

 

1. Tromper le peuple :

           Le démos d’Athènes prit peu à peu conscience, pour les moins aisés en grande partie, que le type d’éducation dispensée par les sophistes ne le servait pas et allait à l’encontre même de ses intérêts.

                   a. Danger de la démagogie :

           Le danger de la démagogie est le premier des dangers que l’éducation sophistique avait apporté à la Polis. En effet, seul les jeunes hommes issus de familles riches, les Pentacosiomédimnes, pouvaient bénéficier de ce type d’éducation. Or lors de celle-ci on leur apprenait à défendre tout par l’art rhétorique, le bon comme le mauvais. Ceux-ci savaient donc mentir au peuple afin de servir ses propres intérêts aux détriments même du démos. La politique pouvait donc tendre vers les intérêts de particuliers et non plus vers le seul intérêt de la polis comme se pouvait être le cas auparavant.

                   b. Les Thètes :

           La démocratie athénienne, dont il est question, fut une démocratie qui s'élargit vers le milieu du Vème siècle, notamment grâce au misthoi accordés aux citoyens exerçant des charges politiques qui permit aux citoyens les plus pauvres de participer à la vie publique contre un dédommagement (entre 2 et 3 oboles). Cependant pour pouvoir être élu à des charges plus honorifiques, tel la stratégie, ou plus importantes, il fallait avoir un don oratoire, savoir s’exprimer devant la foule. L’éducation des sophistes, en enseignant l’art oratoire, permettait aux plus riches de développer cet art, et aux plus pauvres de voir le fossé entre leur éducation et celle des Agathoi s’agrandir. Ils n’avaient donc pas la même égalité, pas la même chance d’accéder aux postes clés de la démocratie. Cependant, bien plus qu’une inégalité entre les citoyens, la sophistique par ses questions en est venue à réfléchir sur le domaine théologique.

 

2 - Sophistes et religion :

           Des philosophes présocratiques tel Thalès évoquèrent la possibilité de l’existence d’un dieu unique, sans toutefois remettre en cause la religion de la cité. Cependant, les sophistes avec leurs interrogations multiples et leurs réflexions en étaient venus, parfois, à douter de l’existence de dieux même.

                   a. Crise des Hermès :

           Alors qu’Athènes est occupée par l’expédition de Sicile en 415-413, une grave crise la secoue. En effet on assiste à la « crise des Hermès » par de jeunes gens, c'est-à-dire qu’ils mutilent les phallus des statues du dieu, et d’autre part, parodie les mystères d’Eleusis. Alcibiade, pupille de Périclès et élève de Socrate est impliqué dans cette affaire. Ainsi on accuse l’éducation centrée sur l’homme de donner des jeunes gens irresponsables et sacrilèges à la cité.

                   b. Athéisme :

           La crise des Hermès est l’une des manifestations de l’importance de la religion chez les grecs anciens. Un individu ne pouvait être athée, ce qui était vu comme dramatique et répréhensible. Les dieux protégeaient la cité, si on en niait l’existence, c’est au fondement même de la cité qu’on s’attaquait. Les sophistes, et même Socrate, par leurs questions et recherches de vérités en sont venus à ce questionner sur l’existence même des dieux, ce que le démos à prit pour un athéisme. « Les dieux je ne peux savoir s’ils existent ou s’ils n’existent pas » Protagoras. Athènes étant alors en danger et se raccrochant à ses valeurs, tout athéisme était vu comme un grave manquement aux lois de la cité et donc répréhensible, c’est ainsi que les sophistes on commencé à être inquiétés.

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