Le choc, le corps à corps

1. Se battre dans une phalange :

            Les qualités requises afin de gagner l’affrontement, sont plutôt des qualités de lutteur que de guerrier à proprement parler. Celui qui réussit à rester sur ses jambes et évite les lances adverses s’en sort, ceux qui tombent à terre sont immédiatement piétinés par les deux phalanges. Du troisième au dernier rang les combattants ne voient rien de l’affrontement et n’ont pour seule solution de pousser le plus fortement possible devant eux afin d’enfoncer littéralement leur premier rang dans la phalange adverse. Les hommes du premier rang sont donc forcés de participer à la bataille en se battant ou de ne pas participer en mourant…

            Dans la bataille l’important est le choc initial, là où les deux phalanges se rencontrent, choc qui peut à lui seul décider du sort de la bataille. Il est violent, car il faut entrer dans la phalange adverse, les lances arrivaient chacune de leur côté à la vitesse de 8 km/h ce qui fait additionné, un choc de 16 km/h. Certaines phalanges, au prix d’un entrainement intensif étaient capables sur les derniers 100 mètres de charger en tenant la formation, c’est notamment le cas de la phalange spartiate ou de la phalange athénienne lors de la bataille de Marathon, en 490 contre l’armée perse de Darius Ier (La bataille de Marathon (-490).).

Dessin historique 11 Le choc initial

            Chaque hoplite essayait alors de se protéger en frappant de sa lance un adversaire proche de lui. On visait les parties découvertes de l’ennemi, à savoir, son cou, ses cuisses et son sexe, zones les plus vulnérables et mettant hors combat.

 

2. Perception de la phalange :

            Lors de ce type de combat, les sens jouaient un rôle important et il fallait les dominer de peur de s’enfuir à toute jambe.

            La vue était gênée par sa propre armure, mais aussi par le l’amoncellement d’homme, ce sens était alors hors d’état d’aider le guerrier.

            Il y avait les odeurs fortes et insoutenables, celles de sueurs d’homme à la tâche, transpirant sous le soleil, sous leur armure, mais aussi celle de chaleur du métal. Il y avait celle des excréments des « trembleurs » ceux qui avaient peurs, mais aussi celle des hommes morts qui se vidaient de leur contenu. Et enfin il y avait l’odeur nouvelle du sang qui coule au grand soleil, des plaies ouvertes, des entailles profondes d’où s’échappait la vie.

            Enfin il y avait les bruits de toute part, les cris de guerre des hoplites les fameux Eleuleu ou Alala, les prières aux dieux, les appels à l’aide… Mais aussi celui du choc des armures, des casques, des lances brisées sur les boucliers, des os qui craquent, de la fureur du combat. Et enfin celui des hommes agonisant, blessés à mort, perdant leur sang, se faisant piétinés…

            C’était le bruit assourdissant de la guerre, de gens qui se battent, de la mort.

Dessin historique 12 La masse compacte de la phalange

« C’était une boucherie humaine, un horrible fracas d’armes et de traits, au milieu des appels ; ici on s’encourageait, là on exhortait, ailleurs on invoquait les dieux »

(Cyr VII, 1,33)

3. Corps à corps et fin du combat :

            Après le choc initial, on passe très vite à un corps à corps avec les épées, Les hoplites tentaient alors d’accrocher avec leurs mains la lance de l’adversaire afin de le déséquilibrer et de le faire tomber pour ensuite le piétiner. Lors du corps à corps, les hoplites se battaient avaient ce qu’ils trouvaient, des épées, des lances, des tronçons ou fer de lances et parfois même avec leurs mains. Tous les coups étaient permis, pas de règles, ni de courtoisie. Les hoplites pouvaient même s’agripper par la barbe, les cheveux pour happer l’adversaire au sol… Ce combat ne faisait pas appel à une tactique réfléchie, ou aux coups appris lors de l’entrainement, ils frappaient avec acharnement n’importe comment pourvu que les coups parviennent. On essaie d’agripper d’accrocher, de frapper sauvagement l’adversaire sous tous les angles. De toute façon en rang compact tous les coups portent, il n’était donc pas nécessaire d’acquérir une grande science de l’escrime, mais juste frapper comme un forcené.

            Pour survivre il ne fallait pas glisser, or il y avait beaucoup de sang au sol, les armes ne cautérisant pas, et causant des blessures plus béantes qu’aujourd’hui ne le ferrait une balle, le sang coulait plus sur le champ de bataille, on estime environ entre 3 et 5 litres de sangs par mort, le sol était alors véritablement couvert et maculé de sang, il était alors difficile de garder l’équilibre sans trébucher sur un mort ou glisser sur du sang.

            Malgré que la guerre hoplitique ne fut par une guerre de massacre, on ne poursuivait pas les vaincus, ce n’était ni permit par les « lois » de la guerre ni possible du fait de l’équipement, le vainqueur regardait le vaincu s’enfuir. Il y avait beaucoup de morts dans les rangs de la phalange débandée, vaincue, car en rompant sa formation elle se faisait tailler en pièce par le mur de lance de l’ennemi. Les blessés se vidaient de leur sang, et étaient piétinés par les camarades fuyant, qui occasionnaient de nombreuses fractures compliquées et ouvertes insoignables pour l’époque. Par ailleurs au sein d’une phalange, les membres d’une même famille, même parenté ou village servaient côte à côte, cela induisait que lors d’un massacre, tous le village était touché, à l’inverse d’autres villages ne perdaient aucun hommes. Ainsi dans une même cité, les villages n’étaient pas touchés différemment, les quartiers par la guerre.

            Le vainqueur avait peu de morts, le vaincu beaucoup, en étudiant le champ de bataille on pouvait voir le vainqueur du vaincu. Sur le point initial du choc il y avait autant de morts des deux côtés, parfois avec des épaisseurs de 3 corps, mais plus on s’éloignait de cet épicentre et plus d’un côté les morts s’espaçaient et de l’autre ils étaient toujours aussi nombreux.

Figure 1 Position des corps après un affrontement

            Après la bataille les cités s’accordaient pour récupérer chacune leurs morts respectifs afin de les honorer et de les enterrer.

            La guerre hoplitique était donc une guerre rituelle, réglée de paysans cuirassés de la tête aux pieds. Affrontement d’une rare violence, et d’une courte durée qui mettait fin à un litige qui opposait deux cités.

Commentaires (6)

1. -do_ob- 18/05/2013

Dommage plus aucune image n'est accessible.
Pensez à mettre à jour vos liens ou à les uploader ailleurs
Merci pour cet article

2. ta mere 03/12/2011

bonjour mais tchuss

3. Serge Paillard 10/08/2011

Bonjour,
J'aurais voulu connaitre le poids d'un casque porté par les hoplites aux alentours des 500 avant JC
Merci

4. Virginie 10/04/2011

Bonjour,

Merci pour votre site, précieux pour y trouver les informations nécessaires à l'exposé sur l'armée Grècque antique que fait ma fille de 11 ans.

5. JACQUES ( thalos ) 08/06/2010

je me plais à lire vos écris.
Je suis moi meme hoplite dans un association de reconstitution grec antique.
MERCI JACQUES

6. BAILLIEUL 01/04/2009

Bonjour,
Quelle authenticité ! Super bien décrit ! Quant à moi, justement, je mets en scène des combats entre guerriers ou des gladiateurs, avec le plus possible de réalisme ! Mais tout est simulation !Je suis subjugué par les corps des guerriers (vivants ou morts) sur le champ de bataille !
Jean-Luc au 06.89.09.12.58.

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