Equipement de l'Hoplite

1. L'individu :

            Contrairement aux armées modernes, les hoplites sont des hommes, des paysans d’un âge mur, c'est-à-dire que la grande majorité d’entre eux ont un âge compris entre les 30 45 ans. Les jeunes hoplites, inexpérimentés, n’ont pas le privilège d’êtres dans les premiers rangs de la phalange mais se retrouvent la plus part du temps dans les derniers rangs de celle-ci. Les hoplites ne sont donc pas des jeunes, mais des adultes dans la force de l’âge.

            Durant l’Antiquité, la taille moyenne d’un homme, et plus particulièrement d’un grec, variait entre 1m65 et 1m75. Il en va de même pour le poids, qui était de 60-70 kilos. Il est donc aisé de comprendre que le poids moyen d’un équipement hoplitique était presque égal à la moitié du poids d’un homme. L’équipement parait alors plus lourd aux yeux des contemporains. Un hoplite tombé pouvait avoir des difficultés à se relever.

          Du point de vue esthétique, les grecs adultes portaient la barbe (pas tous, mais en grande majorité), plus ou moins longue, qui les différentiaient avec un jeune homme. Leurs cheveux variaient d’un large panel, de court à long mais le plus souvent bouclés ou ondulés et avec de la longueur, afin de matelasser le casque et rendre son port plus aisé.

          Cas à part, les spartiates étaient obligés de porter la barbe et leurs cheveux longs étaient minutieusement tressés afin de paraître plus féroce sur le champ de bataille.

Dessin historique 2 Barbes et cheveux grecs

 

2. La cuirasse :

          La cuirasse, θώραξ / thrax en grec était moulée sur le corps du propriétaire, et donc personnelle. Cependant, la plus part du temps elle était sculptée à l’image des héros musclés, tel Achille ou Ulysse, afin de donner un air toujours plus redoutable au propriétaire.

            Celle-ci était faite de bronze en deux parties reliées entre elles par des charnières. Il fallait l’aide d’une autre personne pour la mettre, d’un compagnon ou d’un serviteur.

            Sur  certains modèles, il pouvait y avoir des sortes de lanières tombantes en franges afin de protéger les parties inférieures de l’hoplite. Elle se fermait à gauche, les attaches étant ainsi protégées par le bouclier du porteur.

Dessin historique 3 Cuirasse en bronze

3. Le linothorax :
 
            Par son prix et surtout son poids, peu à peu elle fut dépréciée par certains hoplites au profit d’un linothorax, plus léger et moins onéreux. Elle était fabriquée dans du lin, plusieurs épaisseurs collées entre elles, les fibres s’entre lassants, ou alors il pouvait y avoir une épaisseur de tissus rigide ou cuir entre elles. Elle était découpée en trois parties et assemblée soit par des charnières, soit par des lanières et attaches diverses. Elle était pourvue de franges afin de protéger les parties inférieures, et possibilité d’ajout de plaque de bronze ou fer afin de protéger l’abdomen. Elle se fermait elle aussi à gauche. C’était une cuirasse blanche, à cause du lin, mais souvent ornée de motifs géométriques peints à même le tissus, de sculptures en métal, tel une tête de lion. Ces cuirasses étaient les préférées des spartiates, mais aussi de nombreux hoplites.

Dessin historique 4 linothorax

4. Les Cnémides :

 

            Afin de protéger ses jambes, l’hoplite avait à sa disposition des jambières, les cnémides, κνημδες / knêmĩdes, qui étaient faites bien souvent en bronze, mais aussi quelques fois en fer ou en cuir. Elles partaient du pied de l’hoplite pour arriver un peu avant ou un peu après le genou, selon les modèles. Elles aussi elles étaient modelées sur le propriétaire, et parfois sculptées. Il semble que se soit la malléabilité du métal qui les ait retenues sur l’hoplite et non de quelconques lanières.

 

            A cause de leur poids, du risque de leur perte, elles furent vers le Vie siècle remplacées par un tablier de cuir fixé sur l’aspis, le bouclier de l’hoplite. 

Dessin historique 5 Les Cnémides

5. Le casque :

            Pour se couvrir le crâne, l’hoplite revêtait un casque, κράνος / krános, fait de plaque de bronze ou fer pliées et mises en formes. Comme pour l’équipement, il existait de nombreux types de casque, dont le plus répandu est le casque Corinthien, mais aussi l’Attique ou le Béotien. Il constituait un fort handicap pour la vision et l’audition lors du combat et ne permettait pas à l’hoplite, dans de nombreux cas, de tourner entièrement la tête.

            Par la suite, on fit des trous pour l’audition, ainsi que des protections pour le nez ou les joues. A noter que certains hoplites portaient une espèce de bonnet afin de matelasser le casque qui ne l’était pas.

Photographie 2 Casque corinthien

6. Le cimier :

 

           Le casque pouvait, dans certains cas, et toujours à la charge du propriétaire, disposer d’un cimier afin de rendre plus imposant, plus redoutable son porteur. Il pouvait aussi servir à reconnaître un individu lors d’une mêlé. Ils étaient faits en grande majorité de crin de cheval, mais aussi parfois en métal. Ceux-ci étaient peints, en rouge, en noir, en bleu… Il tenait sur le casque avec des espèces de goupilles.

            Le cimier le plus répandu, dit « classique » tombait sur l’arrière du casque et faisait presque comme une queue. Puis le cimier dit « transversal » spécialité des spartiates, de couleur rouge ou noir et blanc

            Enfin les casques sans cimier, pouvaient, dans certains cas, être recouverts d’une couronne de laurier avant l’assaut par leur propriétaire

 

Dessin historique 6 Cimier transversal

 

7. La tunique :

      Chaque hoplite sous son armure portait une tunique, faite de tissus, de lin par exemple, qui était colorée, rouge, bleu, jaune…. Constituée d’un tissu cousu et posé sur les épaules qui était retenu par une petite ceinture. Elle permettait de conserver une température raisonnable au corps de l’hoplite, les batailles se déroulants à la « belle saison », et empêchait des brûlures liées aux coups de soleil. Par ailleurs, elles évitaient aussi les frottements sur le corps nu liés à la cuirasse, mais aussi absorbait le choc des coups arrêtés par l’armure.

 

8. Les pieds :

       Les pieds étaient revêtus de sandales en cuir traditionnelles, portées tous les jours en Grèce ou bien souvent laissés nus. A Sparte la loi obligeait les Homoioi (citoyens) de vivre pieds nus afin d’affermir ceux-ci.

 

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